– Dans le numéro 320 de Spectra Analyse –

puce Innovations – Nouveautés Forum LABO 2018


Forum LABO, se déploie de nouveau à Lyon

La 14e édition de Forum Labo organisée en France par le Comité interprofessionnel des fournisseurs du laboratoire (CIFL) se tiendra pour la seconde fois à Lyon, de 9h à 18h les mercredi 28 et jeudi 29 mars 2018 dans les halls 4/5/6 (entrée B) de la Cité Centre de Congrès de Lyon. Christiane Turci, déléguée générale du CIFL, nous y invite :

Spectra Analyse : Qu’est ce qui justifie une édition lyonnaise de Forum LABO ?
Christiane Turci : Une des plus importantes missions du CIFL est d’aider ses quelques 200 adhérents fournisseurs de laboratoire à rencontrer leurs clients. Les études de marché que nous réalisons nous enseignent que les régions Auvergne/Rhône-Alpes et PACA représentent 20 % du marché du laboratoire, soit 400 M€, alors que seuls 5 % des visiteurs de Forum LABO Paris en viennent. Il était donc de notre devoir d’aller à leur rencontre, à Lyon. Nous avons fait ce pari dès 2016, avec une manifestation sur 2 jours regroupant une exposition représentative du marché du laboratoire (200 exposants) et un beau programme scientifique. Ce format s’est révélé judicieux puisque plus de 2 200 visiteurs sont venus à ce rendez-vous avec une forte représentation régionale (60 % environ) et un taux de satisfaction très élevé tant des exposants que des visiteurs. D’où cette nouvelle édition à la fin du mois, en alternance avec Forum LABO Paris qui, lui, se tient sur 3 jours et a accueilli plus de 8 600 visiteurs en mars 2017.

SA : Quelles sont les spécificitées de cette nouvelle édition ?
CT : Pour pouvoir accueillir plus de fournisseurs, la surface d’exposition a été augmentée de 30 % par rapport à 2016, passant à 2 500 m² de stands. Les rendez-vous d’affaires, Lab’Meetings, sont reconduits – 350 rdv ont ainsi été organisés en 2016 entre visiteurs et exposants. Parmi les nouveautés, un Social Club permettra aux visiteurs de se retrouver et d’échanger afin de fédérer une communauté régionale de scientifiques et de chercheurs. Pour faciliter la venue des visiteurs et congressistes, nous améliorons encore l’accessibilité du salon avec la mise en place de navettes gratuites entre le Centre de Congrès de Lyon et les centres stratégiques tels que le Campus de la Doua, le Biopôle de Gerland, Marcy-L’Etoile ou Grenoble. La concomitance du salon « Mesures Solutions Expo » qui se déroule aux mêmes dates et au même lieu, renforce encore l’attractivité de notre salon pour lequel nous bénéficions du soutien de la métropole GrandLyon et d’OnlyLyon avec, entre autres, l’inauguration par madame Bouzerda, vice-présidente en charge de l’économie à la métropole le 28 mars au matin.

SA : Et comment avez-vous choisi d’y développer la dimension scientifique et technique ?
CT : Nous y accueillons 8 sociétés savantes partenaires couvrant le panel des techniques et sciences analytiques, de la chromatographie à la microbiologie en passant par la protéomique, la toxicologie, l’analyse thermique… 7 conférences scientifiques sont ainsi proposées aux visiteurs, en parallèle, pendant les 2 jours. De plus, 12 formations techniques et scientifiques d’un excellent niveau et gratuites sont proposées par les exposants, avec délivrance d’attestations de formation aux participants.
Ce programme scientifique très riche conjugué à toutes les innovations présentées par les exposants font de Forum LABO une manifestation indispensable pour la communauté scientifique. Ce sera également l’occasion, pour le CIFL, de présenter les résultats de sa nouvelle étude de marché sur le segment « Industries Chimiques », si bien représenté en région Rhône-Alpes…

 



ANALYSEUR SM

Ultivo, un SM triple quadripôle

Intégré au système 1290 Infinity II LC d’Agilent, le spectromètre de masse triple quadripôle (TQ) Ultivo® (partie inférieure) donne un système d’analyse environnementale et alimentaire de matrices complexes performant et à faible encombrement (32 x 79 x 39 cm). Dans le TQ Ultivo, la source d’ionisation Jet Stream® est guidée par le système Cyclone qui favorise la transmission des ions jusqu’au détecteur ; cela se traduit par une meilleure reproductibilité des résultats d’analyse. La cellule de collision Vortex augmente l’efficacité de la dissociation des ions dans la cellule, et par conséquent la transmission focalisée des ions, un dégagement plus rapide de la cellule entre les transitions de masse permettant ainsi plus de MRM (Multiple Reaction Monitoring / sec), sans interférence et une meilleure confiance dans les résultats par suppression du bruit de fond. Le système VacShield facilite la maitenance de l’injecteur d’ions. Le logiciel intégré “Quant-My-Way” assure un suivi des workflows des utilisateurs en minimisant le potentiel d’erreur et en obtenant des résultats corrects dès la première fois. La limite de détection de cet instrument est de 10.0 fg avec une source ESI positive.

Stand : D39



ÉQUIPEMENT DE LABORATOIRE

VIA Freeze™ ou la cryopréservation de nouvelle génération

Le congélateur VIA Freeze™ conçu par le spécialiste de systèmes de cryopréservation sans azote liquide Asymptote (groupe GE HEALTHCARE EUROPE), fonctionne sur secteur par simple branchement à une alimentation électrique. De faible encombrement (29,3 L x 35,9 l x 44,9 H cm, 14 kg), il repose sur un refroidissement contrôlé par conduction qui élimine uniformément la chaleur à l’intérieur de la chambre froide. Silencieux et fiable, ce système de refroidissement est un système de transfert de chaleur complètement scellé et hermétique, dont seules deux parties (piston et piston auxiliaire) sont amovibles par entraînement magnétique et cycle d’hélium.
VIA Freeze™ est équipé sur la façade d’un écran tactile intuitif, permettant de programmer une congélation à débit contrôlé jusqu’à une température de – 100 º C de sacs et flacons placés à l’intérieur de la chambre froide. Plusieurs profils de congélation modifiables y sont en effet associés à un contrôle précis de la température, permettant d’obtenir par exemple une fonction et une viabilité cellulaires optimales en sortie. Prêt à intégrer les procédures de validation de BPL un utilisant les contrôles et le certificat d’étalonnage 21 CFR Part 11, il est compatible pour un usage en salle blanche. VIA Freeze™ existe avec un seul, deux ou quatre plateaux de chargement d’échantillons, chacun permettant une contenance de 750 ml de sacs d’au maximum 270 ml ou encore de tubes d’échantillons par racks d’une surface totale maximale de 405 x 145 x 10 mm.

Stand : B36

 


ÉQUIPEMENT DE LABORATOIRE

Disi AutoSense™, un testeur automatique de désagrégation de comprimés

Le Disi AutoSense™ du fabricant américain Teledyne Hanson Research délivre de manière automatique des rapports de désintégration de comprimés en accord avec les tests de la FDA USP <701> (pharmacopée ; conformité avec la pharmacopée européenne) et <2040> (suppléments diététiques) et leurs méthodes harmonisées correspondantes. Ses 4 postes de test (ou 2 dans une autre version de l’équipement) peuvent être programmés et opérés de manière indépendante, permettant l’analyse simultanée de 4 produits différents. Un comprimé est placé dans un bécher, lequel est placé à un poste de travail dans le bain d’eau chaude à circulation commun aux 4 postes. Un disque acrylique contenant un anneau de cuivre et placé au-dessus du comprimé permet de détecter par induction magnétique et de suivre de manière instantanée tous les tous petits changements dans l’épaisseur du comprimé à chaque coup du test. A la base du système SmartBasket placé au-dessus du bécher, un capteur enregistre en continu les mesures de température associées aux % de désintégration. A 100 % de désintégration, le cycle s’achève et le SmartBasket™ remonte de manière automatique. Contrôlé par un logiciel Windows client/serveur, le système mesure et stocke les données du test tout en affichant en temps réel sur l’écran d’ordinateur les valeurs graphiques du process de désintégration. Disi AutoSense™ est conforme à la réglementation 21 CFR PART 11 et permet de tracer les comprimés testés par leur numéro d’identification.

Avant-première France
Stand C24

 


ÉQUIPEMENT DE LABORATOIRE

Labopur®, une mini-hotte à recirculation d’air et filtre à charbon actif

Conçue pour les petits travaux de manipulations de produits chimiques, la mini-hotte Labopur® du fabricant français Trionyx est conforme à la norme NFX15.211 relative aux sorbonnes à recirculation d’air. Légère (d’un poids de 25 kg) et facile à déplacer, elle offre une capacité intérieure de 410 x 455 x 445 (H x L x P) mm pour un léger encombrement (605 x 505 x 485 – H x L x P – mm) sur une paillasse. Construite en acier 12/10e, elle est équipée d’un ventilateur électrique silencieux (débit : 170 m3/h). Ses parois latérales sont en PMMA, avec découpe prévue pour le passage des mains pour des manipulations sécurisées et aisées à l’intérieur de l’enceinte. Sa façade battante offre une ouverture totale avec accès complet à l’intérieur de la hotte. Et un bac de rétention intégré permet la récupération des liquides en cas de déversement accidentel. Simplement branchée sur le réseau électrique, son système de ventilation confine les vapeurs dans l’enceinte de manipulation pour les éliminer vers l’extérieur via une cellule de charbon actif adapté aux produits manipulés (à vapeurs organiques, corrosives, de formol, etc.). Un compteur horaire extérieur indique la durée d’utilisation de la hotte et peut être programmé pour le contrôle de saturation du filtre.

Stand : B8


ÉQUIPEMENT DE LABORATOIRE

Labsit 9123, un siège de laboratoire flexible

Le spécialiste de sièges de laboratoire Bimos étend sa gamme Labsit avec le modèle 9123 mousse intégrale (PU). Répondant à de nombreux certificats d’instituts indépendants (relatifs à la sécurité de laboratoire, à l’absence de substances nocives, à la gestion de la qualité et de l’environnement, à la sécurité au travail, etc.), ce siège de 7,7 kg sur roulettes souples à double galets autofreinées pour sols durs, est lavable et résistant aux désinfectants (conformité GMP et salles blanches, implantable en laboratoires de classe S1 à S3). Sa poignée sur le dossier et ses dimensions (dossier 420 mm H ; assise réglable sur 450-650 mm H, 450 mm L, 420 mm P) en facilitent sa manipulation. Un levier suffit à l’adapter à son utilisateur et au poste de travail.
Ce siège est doté d’un coussin d’assise rembourré de mousse intégrale (PU), sans PVC, à la surface robuste, lavable et facile d’entretien ; coque d’assise disponible en plusieurs coloris : bleu, gris, blanc, orange ou vert. L’avant de l’assise est flexible ce qui fait qu’en position avancée, le bord avant de l’assise s’incline, réduisant les pressions sur les cuisses et facilitant la circulation sanguine dans les jambes. Le dossier en plastique permet quant à lui une flexibilité 3D, de telle sorte qu’il puisse s’adapter aux mouvements de l’utilisateur et le suivre aussi bien vers l’arrière que sur les côtés. Le corps est ainsi soutenu en toutes positions.
Disponible avec des accoudoirs plastiques en option, ce siège est vendu avec une garantie 10 ans longue durée dont 3 ans de garantie totale.

Stand : B12

 

INSTRUMENT DE LABORATOIRE

Lyovapor™ L-300, un lyophilisateur pour un procédé en continu

BUCHI met sur le marché un système de lyophilisation avec double condenseur pouvant fonctionner en alternance et pouvant descendre jusqu’à -105°C. Basé sur la technologie Infinite-Technology™, le Lyovapor™ L-300 dispose d’une fonction smart-switch permettant de d’utiliser les deux condensateurs de manière alternative tout en maintenant une pression stable dans la chambre de cryodessiccation. Les condensateurs sont automatiquement décongelés et nettoyés avec un jet de vapeur hygiénique (générateur de vapeur intégré), ce qui offre la promesse d’une lyophilisation à l’infini et d’une capacité de refroidissement illimitée.
Lyovapor™ L-300 est également doté d’un logiciel de gestion de données basé sur la technologie Infinite-Control™. Elle assure la stabilité des paramètres (température de refroidissement, ± 1°C de variation de température des plateaux, pression du vide) et donc la reproductibilité des processus expérimentaux. En cas d’augmentation critique de la température, le niveau du vide est automatiquement baissé, ce qui garantit la protection des échantillons.
Cette technologie donne aussi la possibilité de programmer les niveaux de température et de pression, l’enregistrement et la création de méthodes et la rédaction de rapports personnalisés. Elle rend également possibles des tests de différentiel de température, de différentiel de pression et d’élévation de pression, afin de déterminer le point final suivant les sondes externes (en option) utilisées. L’affichage des paramètres sur l’écran tactile (ajustable à l’avant ou sur le côté de l’instrument) est instantané, ce qui assure un contrôle efficace de l’ensemble du processus de lyophilisation. La surveillance des paramètres est aussi possible à distance, via un support mobile équipé de l’application Monitor de BUCHI. Enfin, la chambre de séchage est modulaire et ajustable selon les besoins, avec un écartement des plateaux réglable et la possibilité de raccorder jusqu’à trois racks d’admission.

Stand : C33

 

INSTRUMENT DE LABORATOIRE

RQFLEX® 20, un réflectomètre portable et précis

Dernier système d’analyse instrumentale mobile Reflectoquant® de Merck, le réflectomètre RQFLEX® 20 (dimensions : 184 × 79 × 30 mm, poids : 253 g avec batteries) permet de contrôler sur place les paramètres chimiques par lecture rapide de bandelettes réactives quantitatives. Avec 50 méthodes préprogrammées, il est capable d’enregistrer 200 résultats de mesure ou encore de garder en mémoire 50 résultats de calibration. Son écran doté d’une navigation intuitive (menus, pictogrammes) permet un suivi des différentes étapes grâce à des messages d’erreur, d’avertissements ainsi que des conseils. Un minuteur associé à une alerte sonore programmable permet un maximum de reproductibilité des résultats.

Avant-première Europe
Stand : C23

 

INSTRUMENT DE LABORATOIRE

EDGE™,un système automatisé d’extraction sous pression par solvants

Lancé mondialement par son fabricant CEM en octobre dernier, EDGE™ est un automate de préparation d’échantillons destinés à une analyse GC/LC. Il lui suffit d’à peine 5’ pour extraire jusqu’à 30 g d’échantillons destinés à une analyse moléculaire, avec une performance intéressante en termes de répétabilité et de recouvrement des résultats. Tout repose sur un support d’échantillon Q-Cup™ en aluminium ultra fin, doté d’une base filetée vissable ; le tout facile à nettoyer.
Chargé de l’échantillon, un Q-Disc (jetable) placé dans sa base vissée, le support Q-Cup™ est placé sur le rack de l’appareil où l’échantillonneur automatique en assure le chargement dans la chambre. Il se déroule alors un processus de dispersion du solvant dans l’échantillon. Et dès que l’échantillon atteint la température choisie, le solvant est transféré vers un récipient de collecte de la solution via le Q-Disc et la bobine de refroidissement. Très peu encombrant sur une paillasse (36 cm de large), il est doté d’un écran tactile permettant d’accéder facilement à différentes méthodes pré-installées. Adapté à l’extraction de COV dans des échantillons de terre, de matières grasses dans des cosmétiques, de phtalates dans des matières plastiques, de pesticides dans des fruits et légumes, de PCB dans des bouchons en mousse PUF, etc., son fabricant affirme qu’EDGE™ est 20 fois plus rapide que la plupart des techniques actuelles.

Stand : A31

 


 

puce Actualités

 


SOCIÉTÉS
DEINOVE se développe au cœur de vastes enjeux

Depuis sa création en 2006, la biotech DEINOVE vient de passer un cap industriel dans le secteur des cosmétiques. Son programme R&D en antibiothérapie s’inscrit lui désormais à l’échelle de l’engagement de la France dans la R&D pour lutter contre ce fléau sanitaire mondial qu’est la résistance bactérienne.

Ce 26 février, la société de biotechnologie DEINOVE, cotée sur Euronext Growth® Paris depuis avril 2010, a annoncé une première mondiale : la production d’un premier lot industriel de plusieurs mètres cubes de caroténoïdes, un actif obtenu à partir de la bactérie extrêmophile Deinococcus geothermalis dans le cadre de son programme R&D Deinochem démarré en 2015. Cet actif, formulé à usage cosmétique dans une huile végétale biologique, présente une totale innocuité et des propriétés antioxydantes ; de quoi envisager l’incorporer dans des crèmes de soin.

Cette production a été obtenue par fermentation réalisée sur la plateforme technologique pluridisciplinaire du BIOGIS center de la SAS Pivert, une société à l’interface entre recherche et industrie qui accompagne les processus d’innovation en chimie végétale. La biomasse produite a ensuite suivi un procédé respectueux de l’environnement pour l’extraction et la formulation ; pour ça, la biotech a été accompagnée par Processium, une société de soutien à l’industrialisation de projet et par Veg’extra pour l’extraction végétale dont c’est la spécialité.

Créée en 2006 et comptant aujourd’hui 55 salariés, plus de 160 brevets déposés à l’international et 6 000 bactéries rares et encore inexploitées en librairie, DEINOVE découvre, développe et produit des composés à haute valeur ajoutée issus de ces microorganismes pour les secteurs de la santé, de la nutrition et de la cosmétique. Avec cette nouvelle production, elle entend adresser le marché des actifs cosmétiques qui représente aujourd’hui, toutes fonctionnalités confondues, près d’1,6 Md$ dans le monde. « Nous sommes fiers d’avoir atteint cette nouvelle étape clé pour DEINOVE. Nos équipes et nos partenaires ont réalisé une vraie prouesse technologique en transférant notre Déinocoque à l’échelle industrielle. C’est extrêmement excitant de voir se concrétiser plu­sieurs années de R&D sous la forme d’un produit commercial. DEINOVE démarre un nouveau chapitre de sa jeune histoire. », a déclaré Emmanuel PETIOT, directeur général de DEINOVE.

L’annonce de cette première mondiale vient conforter les résultats financiers de la société qui s’avèrent prometteurs pour l’année 2017. En effet, outre l’obtention au 1er semestre d’un premier brevet dans le domaine de la nutrition animale délivré dans un premier temps en Chine, l’année 2017 reste marquée par la reconnaissance de la pertinence de son approche en antibiothérapie.

Fin septembre, le programme AGIR (lire ci-dessous), représentant un investissement total de 25 M€ sur 5 ans, s’est vu accorder un financement de 14,6 M€ dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) piloté par le Commissariat Général à l’Investissement et opéré par Bpifrance, dans le cadre de l’appel à projets « projets de R&D structurants pour la compétitivité ». Les versements, constitués pour près de la moitié de subventions, seront échelonnés tout au long du programme et partagés entre le groupe DEINOVE (10,4 M€) et son partenaire l’Institut Charles Viollette (4,2 M€).

« Nous sommes très heureux d’accompagner DEINOVE dans son approche innovante de découverte de nouveaux antibiotiques. Celle-ci doit permettre d’accélérer la mise en place de solutions pour répondre à des maladies infectieuses qui se dé­veloppent de plus en plus rapidement au niveau mondial. », commente Aïcha Douhou, responsable sectorielle filière science de la vie de la direction innovation de Bpifrance, dans le communiqué conjoint publié pour l’occasion. Lequel communiqué précise : « Ce soutien matérialise l’engagement des pouvoirs publics français dans la lutte contre les résistances aux antibiotiques, enjeu sanitaire majeur à l’échelle mondiale ». Et cela fait suite au lancement en novembre 2016 par le gouver­nement précédent d’un programme interministériel de 330 M€ sur 5 ans et prévoyant 40 actions visant d’une part à diminuer la consommation d’antibiotiques de 25 % d’ici 2018 et d’autre part à réduire les conséquences sanitaires et environnementales de l’antibiorésistance, parmi lesquelles la recherche et l’innovation en matière de maîtrise d’antibiorésistance.

Depuis l’été 2016 et la remise du rapport The Review on Antimicrobial Resistance (AMR), commandé en juillet 2014 par le premier ministre britannique à l’économiste Jim O’Neill, il est en effet admis que la très forte augmentation des bactéries résistantes et multirésistantes pourrait être à l’origine de 10 millions de décès chaque année à l’horizon 2050, soit plus que le cancer aujourd’hui (8 millions de décès par an), et qu’il existe une corrélation élevée entre la prise d’antibiotiques et la résistance microbienne constatée.

L’affaire a pris depuis une dimension mondiale, en témoigne la réaction de l’OMS qui, dans un rapport paru en septembre 2017, reprécise trois catégories d’AMR au regard de la menace qu’elles représentent en termes de santé publique et de besoin de R&D pour déterminer de nouveaux antibiotiques : critique, élevée et moyenne. Il y est aussi précisé les AMR pour lesquelles il existe très peu d’antibiotiques en développement. Le nombre de nouvelles familles d’antibiotiques mises sur le marché a d’ailleurs chuté ces 30 dernières années.

En 2016, le gouvernement français estimait à 12 500/an le nombre de décès liés en France à une infection dûe à une AMR. Une récente note de la direction générale du Trésor précise qu’en termes de santé publique, l’impact de cette hausse de la résistance est estimé de – 0,1 à – 0,8 point de PIB/an dans les pays de l’OCDE.

Cette note, qui interroge le modèle économique de soutien à la R&D pour remédier à la situation, constate que la consommation d’antibiotiques reste importante en France, au 3e rang européen concernant les antibiotiques consommés « en ville », avec un niveau de consommation par habitant et par jour de + 3 % sur les 10 dernières années. Selon cette note, près de 1 300 t d’antibiotiques ont été consommées en France en 2015, dont 800 en santé humaine. Le reste donc en santé animale ? Il est précisé que la consommation dans ce cadre est en très forte baisse depuis 10 ans, plaçant désormais la France au 10e rang européen. Les AMR ou Superbugs, comme on les appelle maintenant jusque dans les couloirs du G20, n’ont pas fini de faire parler d’elles.

 

 

SOCIÉTÉS

Projet collaboratif de R&D AGIR,
« Antibiotiques contre les Germes Infectieux Résistants »

 

Créée en 2012 sur un programme de R&D visant à explorer le souchier de DEINOVE pour découvrir de nouveaux antimicrobiens, DEINOBIOTICS (devenue filiale à 100 % en janvier 2017) collabore depuis des années avec l’Institut Charles Viollette (ICV, Université de Lille), un laboratoire académique régional de référence en agroalimentaire et biotechnologie. Leur analyse a abouti à un premier lead, DNB101 qui fait l’objet de demandes de brevets pour sa structure antibiotique originale, avant d’évoluer vers le programme « Antibiotiques contre les Germes Infectieux Résistants ».

AGIR a pour objectif de développer de nouvelles technologies afin d’optimiser la plateforme permettant la sélection, l’identification et le développement de nouvelles molécules antimicrobiennes d’origine naturelle. « Nous avons construit cette plateforme pas à pas avec l’expertise de nos équipes en infectiologie, chimie médicinale, micro-biologie, génie fermentaire et analytique. Les synergies entre les trois partenaires, la complémentarité et la créativité de nos équipes sont des atouts essentiels dans la réussite du projet AGIR. », ont déclaré le directeur de l’ICV Pascal Dhulster et le DG de DEINOBIOTICS Dominique Le Beller, un des grands spécialistes français de la R&D sur les antimicrobiens.

AGIR est labellisé par le pôle de compétitivité Nutrition Santé Longévité (NSL) dans le cadre de son domaine d’action stratégique n°1 « Solutions préventives, diagnostiques & thérapeutiques contre les pathologies de civilisation ».

 

SOCIÉTÉS

Appel à projets innovation maquillage

 

En lançant son 1er appel à projets national dédié à l’innovation dans le maquillage, le pôle de compétitivité Cosmetic Valley entend accompagner des projets individuels d’entreprises et des projets collaboratifs relevant de certaines thématiques, dans la recherche de partenaires/prestataires (en France et à l’international), la structuration de projet et la recherche de financements. Cet appel à projets s’adresse aux entreprises comme aux laboratoires académiques implantés sur le territoire français, à condition de respecter certains critères d’éligibilité. Ouvert depuis le 14 février, il se verra clôturé lundi 30 avril.

Pour en savoir plus

 

 

 

puce
Également dans Spectra Analyse N°320
        • HISTOIRE DES SCIENCES ANALYTIQUES

          La Notion d’Acidité & le Dosage Acido-Basique dans l’Histoire
          Olivier LAFONT

        • STRATÉGIES POUR L’INNOVATION

          Gestion, technologies & innovations dans les biotechnologies (dossier 5/6)
          Rendre tangibles les actifs intangibles
          Arsia AMIR-ASLANI, Lisa SCOGNAMILLO, Clément CHARRETON, Jean-Marie OFFREY et Maxime ADAMCZEWSKI

        • MÉTHODOLOGIE

          L’analyse des Enrobés Bitumineux ou la Problématique de l’Amiante Environnemental
          Erell LEOCAT, Olivier LE MOULLEC, Christophe RIELLAND, Aurélien URVOY et Patrice LETESSIER

        • TECHNIQUE INSTRUMENTALE

          L’Offre du Marché Français en ICP-MS : Tableaux Synoptiques
          Hugues PAUCOT

Pour recevoir notre revue dans son intégralité, rendez-vous sur notre site,
pour découvrir nos offres d’abonnement au format presse ou au format électronique.