– Dans le numéro 319 de Spectra Analyse –

puce Innovations


ANALYSEURS

IRSpirit series, deux spectrophotomètres FTIR compacts

La série de spectrophotomètres infrarouge à transformée de Fourier (FTIR) de Shimadzu, l’IRSpirit-T (détecteur LiTaO3) et l’IRSpirit-L (détecteur DLATGS), est optimisée pour simplifier les analyses avec un encombrement minimal. Plus petits qu’une feuille A3 (390 L x 250 p mm) et pesant moins de 10 kg (8,5 kg), ces instruments disposent d’un grand compartiment pouvant accueillir les accessoires Shimadzu ou ceux d’autres fabricants (système interne d’auto-diagnostic et de reconnaissance automatique des accessoires). En outre, ils sont conçus de telle sorte qu’ils puissent pivoter de 90 degrés, afin d’orienter vers l’avant la surface latérale (de 250 mm).
IRSpirit series est équipé du programme propriétaire IRPilot, permettant de démarrer rapidement 23 méthodes analytiques préprogrammées pour diverses applications (tests d’identification, analyse de contaminants, analyse quantitative, …), et de procéder à des processus simplifiés en routine via l’enregistrement des analyses passées. En outre, IRSpirit series est contrôlé par le logiciel propriétaire LabSolutions IR de gestion des données. Pour l’analyse de contaminants, la bibliothèque de contaminants Shimadzu ou celle des plastiques dégradés peuvent y être installées. Enfin, IRSpirit series peut être équipé de fenêtres spécifiques pour préserver les optiques et ainsi travailler dans des conditions difficiles (humidité, haute température).



MATÉRIEL DE LABORATOIRE

AutoBlock Fill pour automatiser l’ajout d’acides et de réactifs dans le dosage des métaux

L’AutoBlock Fill® d’Environmental Express (groupe Cole-Parmer) est un équipement adaptable à quasi tout bloc chauffant de minéralisation en graphite de (type HotBlock d’Environmental Express ou d’une autre marque). Il permet d’automatiser l’étape la plus dangereuse de la préparation d’échantillons pour la minéralisation dans le dosage des métaux : l’ajout d’acides et de réactifs. De conception modulaire et compacte (79 L x 69 H x 56 P cm), il s’intègre à une sorbonne de taille standard. Ses cinq bouteilles de réactifs font qu’il n’est pas nécessaire d’échanger les flacons lors d’un changement de méthode de minéralisation. Son système de vannes à cinq voies permet une commutation facile entre les 5 flacons, permettant de délivrer les réactifs au moyen d’une pompe péristaltique intégrée de technologie Masterflex®, calibrée pour tout volume ajouté avec une précision de ± 2%. L’AutoBlock Fill peut être commandé par un ordinateur via un câble USB ou via l’écran tactile intégré.



ÉQUIPEMENT DE LABORATOIRE

LIBERO W pour la surveillance des produits thermosensibles

Le système LIBERO W de surveillance des produits thermosensibles développé par ELPRO se compose d’une station de lecture (écran LCD 32 x 80 mm, port USB) et d’une sonde de température (capteur NTC) communiquant l’une avec l’autre par radiofréquences dans un rayon de dix mètres. La gamme de température mesurable s’étend de – 10°C à + 50°C, avec une précision de ± 0,5°C de – 10 à – 0,1°C, de ± 0,4°C de 0 à 25°C et de ± 0,8°C de 25,1 à 50°C. L’intervalle de mesure varie de 1 à 60 minutes.
La capacité de mémoire du LIBERO W est telle qu’avec une mesure tous les quarts d’heures, il a la capacité d’enregistrer jusqu’à 2 années de données. La programmation s’opère via le logiciel liberoCONFIG (gratuit). Les données sont analysées et compilables sous forme de rapports (.PDF) grâce au logiciel elproVIEWER (en option). Enfin, alertes et alarmes sont audio et visuelles, paramétrables avec ou sans temporisation, selon 8 niveaux de température et 2 seuils d’avertissement en température.

 

puce Actualités

 


SCIENCES

Protection des abeilles et des pollinisateurs : la chimie a un rôle à jouer

 

La pollinisation est à la base du système alimentaire mondial. 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent de ce service écosystémique réalisé pour l’essentiel par plus de 1 800 espèces d’abeilles sociales ou solitaires. Depuis plusieurs années, ces insectes pollinisateurs subissent des épisodes de mortalité parfois importants et susceptibles de mettre en péril non seulement l’activité apicole mais aussi la biodiversité et les services écosystémiques associés. Le caractère multi-factoriel de ce phénomène est reconnu par la communauté scientifique mais des incertitudes persistent quant à la prépondérance de certains facteurs et aux leviers d’action pour enrayer efficacement ces épisodes de mortalité.
Pour y voir plus clair, la Fondation Rovaltain a organisé un séminaire international de prospective en conviant 19 experts scientifiques travaillant sur les pollinisateurs et la pollinisation au travers de thématiques complémentaires. Cette fondation scientifique basée dans la Drôme, dont l’objectif est de produire et de diffuser des connaissances scientifiques innovantes sur les impacts toxiques sur la santé des organismes et des écosystèmes, porte en effet une attention particulière à la problématique des abeilles et des insectes pollinisateurs.
Cette ruche des sciences s’est tenue du 9 au 13 octobre 2017 avec pour objectif, en croisant les regards et les expériences, de faire émerger des possibilités d’action et des axes de recherche afin de lutter contre la mortalité des pollinisateurs. Parmi les pistes évoquées, plusieurs d’entre elles font appel à la chimie, qu’il s’agisse de la chimie analytique ou de la chimie de synthèse.

Mieux caractériser l’exposition pour mieux protéger les pollinisateurs
Pour le panel d’experts présents, les insecticides ont pour objectif de protéger les cultures en tuant les insectes. Il est donc logique que les insectes pollinisateurs soient affectés par les insecticides. De nombreux travaux scientifiques montrent les dangers de ces molécules chimiques, qu’elles soient naturelles ou de synthèse. Aussi, la protection des pollinisateurs passe par la maîtrise des risques associés à ces molécules et donc par la maîtrise de l’exposition à ces molécules.
Dans ce contexte, il est nécessaire de disposer de méthodes d’échantillonnage et d’analyses robustes des insecticides utilisés, afin de fournir aux gestionnaires de l’environnement des connaissances précises quant à l’exposition réelle des organismes aux insecticides dans leur environnement. Ce raisonnement peut être étendu à d’autres classes de molécules phytopharmaceutiques, comme par exemple les fongicides, afin de disposer d’une vision plus complète de la contamination environnementale constituant l’exposome2 des insectes pollinisateurs.

Des approches innovantes pour créer les insecticides du futur
Si pour les molécules existantes la maîtrise des risques passe par le contrôle de l’exposition, pour les nouvelles molécules il est possible d’agir directement sur leur dangerosité et ceci dès leur conception. C’est le principe des approches dites « Safety by design », consistant à associer la chimie de synthèse à l’écotoxicologie afin de prendre en considération des critères de non-dangerosité des molécules et ce, le plus tôt possible dans le processus de synthèse.
La mise en œuvre et le développement d’une telle démarche nécessite de créer une interface entre des disciplines qui se parlent peu, de générer des outils permettant l’évaluation des dangers dans ce contexte et de définir des schémas décisionnels pour la sélection des molécules les plus pertinentes. Il s’agit là d’une réelle opportunité d’innovation conciliant protection des cultures et protection de la biodiversité ; une opportunité dont se saisit la Fondation Rovaltain en lançant, début 2018, un appel à projets de recherche sur ce sujet.
Les relations entre chimie et biodiversité sont des relations complexes, voire même tumultueuses lorsqu’il s’agit des insectes pollinisateurs. Elles n’en sont pas moins porteuses de solutions permettant de concilier les exigences de notre société en termes de production végétale mais aussi de protection de la biodiversité et, au-delà, de santé.

 

SOCIÉTÉS

France Biotech dresse un nouveau panorama des biotechs

 

En cette fin d’année, l’association des entrepreneurs de l’innovation en santé France Biotech dresse son 15e « Panorama France Health Tech », réalisé avec le soutien de Bpifrance, du cabinet KPMG et d’Euronext. 302 entreprises françaises ont participé à l’étude, qui fait pour la première fois un large focus européen.
Avec 459 produits thérapeutiques en développement en 2016, selon Biocentury, la France se place au 2e rang européen.
L’édition 2017 du « Panorama France Health Tech » relève une augmentation significative de la taille des entreprises (30 salariés par entreprise en moyenne contre 25 en 2016), jeunes pour la plupart (moins de 5 ans d’existence pour près d’un tiers d’entre elles) et encore concentrées en Île-de-France (33 % d’entre elles) quoique bien représentées dans les régions Auvergne Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (36 % d’entre elles). Avec des portefeuilles de produits thérapeutiques en développement riches de 368 projets (en augmentation par rapport à 2016), allant de la preuve de concept jusqu‘à la commercialisation, les biotechs françaises étudiées témoignent d’une forte productivité de recherche scientifique. Ainsi, deux tiers des programmes de développement sont en phase précoce (recherche, preuve de concept et phase préclinique) tandis que près d’un quart est arrivé à des phases plus avancées (phase II et phase III).
Seuls 16 produits sont actuellement en cours d’enregistrement ou commercialisés (soit 4,35 %). Enfin, l’oncologie reste l’aire thérapeutique la plus investiguée (un tiers des programmes). Avec 3 000 entreprises de biotechnologies et un pipeline de près de 2 800 produits allant de la phase préclinique jusqu’au marché, le contexte européen s’avère propice. La principale difficulté énoncée par les entreprises du secteur interrogées est l’accès au financement (47 %). Si cette difficulté reste constante face à l’ important besoin de financement des entreprises de Health Tech durant leur long cycle de développement, le constat dressé par ce 15e panorama se veut optimiste. Les neufs premiers mois de l’année 2017 confortent Paris comme place boursière phare du secteur des biotechs en Europe, avec l’introduction en bourse de cinq biotechs françaises levant au total 139 M€. Tous types de financements confondus (dont 36 % en capital risque), les entreprises françaises des sciences de la vie ont levé sur cette même période 616 M€ (avec un ticket moyen de 11,2 M€) ; leur niveau de financement progresse, avec un taux de croissance annuel moyen de 12 % entre 2013 et 2016. Enfin, sur la période 2016-2017, 96 partenariats ont été conclus avec des contreparties françaises parmi plus de 1 500 accords au niveau mondial, dont 36 concernant des biotechs en phases de recherche et en phases amont de développement clinique.

 

SOCIÉTÉS

En France, les essais cliniques sont en voie de désertion

 

Trois organisations de professionnels français engagés dans la recherche clinique tirent le signal d’alarme.
Ce 13 décembre, France Biotech, l’AFCROs (association de prestataires de services en recherche clinique et épidémiologique), le DITEP (Département Innovation Thérapeutique et Essais Précoces du centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy) et le Club Phase I (association de professionnels du développement précoce des médicaments) ont adressé une lettre ouverte à la ministre des Affaires Sociales et de la Santé Agnès Buzyn visant à faire entendre une chose : sans essais cliniques, l’innovation en santé est impossible.
Or force est de constater la faiblesse actuelle de la compétitivité des essais cliniques en France. Selon le dernier panorama de France Biotech (voir p. 12), d’une part le pays affiche un retard important face à ses voisins européens en nombre d’essais cliniques : 3 312 comptabilisés en France en février 2017, contre 8 739 en Allemagne. D’autre part, les principales entreprises Health tech françaises procèdent désormais à la mise en œuvre de leurs essais cliniques hors frontière et ce, dans 68 % des cas (contre 11 % aux États-Unis, ou 54 % au Royaume-Uni). Selon les données de l’EU Clinical Trials Register – registre européen des essais cliniques sur les nouveaux médicaments -, la France figure ainsi désormais derrière l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas ou encore la Belgique en termes de nombre d’essais cliniques.
Ce décrochage français s’explique par des procédures d’évaluation et d’autorisation complexes, opaques et particulièrement lentes, précise France Biotech dans un communiqué. « Le temps est un facteur clé dans le domaine de l’innovation. Des délais d’approbation trop longs jouent contre ces entreprises innovantes de la santé et les obligent à adopter une stratégie de contournement en réalisant leurs essais cliniques à l’étranger », souligne Maryvonne Hiance, présidente de France Biotech. Avec pour conséquences la moindre possibilité pour les malades de bénéficier de traitements prometteurs bien avant leur mise sur le marché, pour les professionnels de santé de rester à la pointe de la recherche et pour les hôpitaux publics de bénéficier d’une source d’activités et de financement.

 

 

 

puce
Également dans Spectra Analyse N°319
        • HISTOIRE DES SCIENCES ANALYTIQUES

          De la chimie pneumatique à l’oxydo-réduction : les premiers pas de la chimie analytique
          Marc-André LEFEBVRE

        • STRATÉGIES POUR L’INNOVATION

          Gestion, technologies & innovations dans les biotechnologies (dossier 4/6)
          La valorisation est un art, non pas une science exacte
          Arsia AMIR-ASLANI, Bruno MEGARBANE et Florent UBELMANN

        • TECHNIQUE INSTRUMENTALE

          Les logiciels de gestion de laboratoire (LIMS) et les cahiers électroniques de laboratoire (ELN) en 2017

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