puce Innovations
ANALYSEURS
Couteau suisse de l’inspection non-destructive

XSlicer

Le Xslicer SMX-6000, dévoilé en janvier 2016 par Shimadzu à l’exposition Electrotest Japan, combine deux techniques d’observation micrométrique basée sur les rayons X  : la fluoroscopie et la tomodensitométrie. L’examen par fluoroscopie est commandé depuis l’écran tactile de la machine, après avoir réglé différents paramètres  (hauteur maximale de l’échantillon à inspecter, zone à cibler avec les rayons X). Un scanner à 360° de l’échantillon est enregistré par le détecteur de l’appareil. La valeur ajoutée du Xslicer SMX-6000 est l’alternance rapide, et sans besoin de calibration, de l’observation fluoroscopique à la tomodensitométrie, qui fournit des images en coupe de l’objet inspecté. Après la fluoroscopie, l’utilisateur doit sélectionner l’option tomodensitométrie, l’angle et le champ de vision désirés. Le Xslicer SMX-6000 affiche les premières images trois minutes après le lancement de la tâche, là où la procédure nécessite en moyenne 15 minutes sur d’autres machines, entre la calibration, le scanner lui-même et la reconstruction tridimensionnelle d’un échantillon.
Quelques réglages prédéfinis permettent d’optimiser l’examen aux rayons X  : inspection d’échantillons en série à intervalles réguliers, suivi d’un parcours prédéfini, affichage simplifié  (liste, illustration) des résultats d’analyse. Deux logiciels sont enfin proposés en optionpour le traitement d’images  : Image-Pro Analyser, pour l’analyse d’images 2D, et VG Studio, qui transforme les images en coupeen un modèle 3D de l’échantillon afin de créer des animations ou réaliser des mesures. Le Xslicer SMX-6000 est réservé uniquement aux usages en recherche, plus particulièrement pour le marché de la microélectronique.

ANALYSEURS
Etude de dispersions sous rayons X

Lumireader

Présenté pour la première fois en France au Forum Labo & Biotech, le Lumireader® X-ray, du constructeur allemand Lum, est un analyseur conçu pour étudier l’état de dispersion et les phénomènes de consolidation de sédiments, pour les émulsions et suspensions les plus opaques (concentrées) comme les plus claires  (nanoparticules en suspension). Le faisceau transmis par l’échantillon est enregistré par plus de 1 600 détecteurs, sur une hauteur totale de 2 centimètres. L’automate réalise la superposition des profils instantanés de l’échantillon, donnant une cinétique des changements de transmission des rayons-X.
Ces informations sont converties en indice de stabilité, taux et vitesse de séparation, concentration en particules, densité de tassement à l’intérieur du sédiment. Dispersions opaques, mousses, émulsions ou microémulsions claires peuvent ainsi être caractérisées sur le Lumireader® X-ray. Les secteurs d’application sont variés et concernent l’industrie minière, céramique, les secteurs de la cosmétique, de la pétrochimie ou encore l’environnement avec le recyclage des boues.

EQUIPEMENT DE LABORATOIRE
Préparation standardisée de lames de cytologie

SlidePrep Plus

La centrifugeuse Slide Prep Plus du britannique EKF Diagnostics prépare, à partir d’échantillons liquides, des lames de cytologie avec un dépôt de cellules homogène et en couche unique. Le petit appareil de paillasse contourne les difficultés de la répartition de cultures cellulaires sur des lamelles. Celle-ci est généralement effectuée par étalement ou filtration, mais présente le défaut d’une reproductibilité assez faible. Jusqu’à six échantillons peuvent être chargés dans le rotor amovible du Slide Prep Plus. Ils s’écoulent par centrifugation à travers des petites colonnes en plastique, jetables ou réutilisables. Ces dernières peuvent également être munies de filtres adsorbants si le prélèvement nécessite une pré-concentration.
Les échantillons sont projetés en gouttes uniformes via le canal des colonnes sur les lamelles, immobilisées dans des racks métalliques. Compacte et d’un poids de 4,5 kilogrammes, Slide Prep Plus exécute des rotations à une vitesse comprise entre 250 et 2400 tours par minute. Le rotor opère sur une plage de températures allant de 10 à 40 °C, et le bruit émis reste inférieur à 65 décibels. L’utilisateur a le choix entre trois options d’accélération pour le traitement des prélèvements les plus fragiles.

EQUIPEMENT DE LABORATOIRE
L’identification Raman pour le risque NRBCE

Resolve

Présenté au Pittcon 2016, l’appareil portatif ResolveTM de Cobalt Light Systems peut détecter et identifier à travers une barrière opaque  (plastique, papier, carton, sac, tissu, verre.) plusieurs milliers de composés chimiques, et en priorité ceux appartenant à la catégorie NRBCE  (menaces nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosifs) ou les substances illégales  (narcotiques, psychotropes). L’identification, qui se fait au moyen de la technologie Raman et par comparaison avec une banque spectrale enregistrée  (plus de 14 000 produits chimiques) dans l’appareil, demande autour d’une minute. Aucune préparation préalable de l’échantillon ou consommables n’est nécessaire, et le dispositif est aussi bien capable de reconnaître des substances chimiques individuelles ou les différents éléments d’un mélange. Trois types de détection sont réalisables  : scan de surfaces et de flacons par contact avec le nez de l’appareil, et sans contact à travers une paroi en ôtant le nez et en se plaçant à une distance maximum d’1,6 centimètre de l’échantillon.
La navigation dans l’interface du ResolveTM est rudimentaire, via un petit écran tactile et sept gros boutons, facilitant ainsi l’usage sur le terrain et à travers des gants de protection, dans le cas de scénarios NRBCE. Plusieurs modes d’affichage des résultats sont possibles : "best match" pour l’identification la plus probable, "all " pour tous les résultats, "priorities" défini suivant les préférences de l’utilisateur… Les fiches de données de sécurité accompagnent chaque identification. Doté d’une batterie lithiumion, le ResolveTM a une autonomie de 4 heures tandis que son poids est de 2,2 kilogrammes. Les domaines d’application sont multiples : contrôles douaniers, gestion de crise NRBCE, intervention militaire, brigades anti-criminalité.

MATERIEL DE LABORATOIRE
Tubes anti-contamination

Micronic

Le fabricant hollandais Micronic propose une nouvelle gamme de tubes avec bouchons à vis externe. Le premier format commercialisé est un petit contenant d’une capacité de 1,40 millilitre. Le triple filetage assure une fermeture hermétique du tube, sans risque de contact entre l’échantillon et l’extérieur du tube, évitant ainsi d’éventuelles contaminations croisées. Les tubes de Micronic sont fabriqués dans un grade CE-IVD de polypropylène, compatible avec le diagnostic médical et garanti sans RNase ni DNase. Les tubes à vis sont idéaux pour le stockage d’échantillons à très basse température, et sont compatibles avec la plupart des systèmes de stockage automatisés modernes  (-20 °C, – 80 °C et températures inférieures). Ce petit matériel de Micronic convient également aux laboratoires ayant en place des solutions de traçabilité, grâce au code 2D data matrix inscrit sur le fond du tube. Celui-ci est légèrement surélevé par rapport aux bordures basses du contenant, le protégeant d’éventuelles dégradations extérieures. Un code 2D est également lisible à l’œil nu sur cette surface. Ces tubes sont disponibles aussi bien en vrac que par racks de 96 unités.

INFORMATIQUE DE LABORATOIRE
Logiciel de spectrométrie NIRS
Le logiciel Vision Air du suisse Metrohm est un outil intuitif pour l’analyse de routine dans le proche infrarouge et l’assurance qualité. Il est construit suivant deux environnements distincts  : Vision Air Routine pour les utilisateurs de routine  ; ces derniers peuvent lancer rapidement un scan et visualiser les résultats, générer des rapports d’analyses et d’audits personnalisés, et Vision Air Manager pour les responsables de laboratoire qui ont la possibilité de gérer les données et paramétrer tous les spectromètres NIR connectés à la base de données. L’interface de Vision Air Routine est simplifiée pour lancer des analyses en un nombre réduit de clics. L’affichage des résultats, en revanche, est diversifié  : liste de résultats, tendances avec diagrammes de progression, présentation détaillée de l’échantillon dans le cadre des rapports d’audits. Pour un fonctionnement optimal, Metrohm recommande de disposer d’un serveur avec au moins 80 gigaoctets d’espace libre disponible. Le logiciel Vision Air est compatible seulement avec les spectromètres NIRS Metrohm DS2500 et XDS Rapid Liquid Analyzers, mais plus de références devraient être ajoutées prochainement.

puce Actualités
SOCIETES
Eichrom assure l’analyse couplée amiante-radioactivité
La société Eichrom, grâce à une nouvelle accréditation COFRAC, devient le premier laboratoire français à pouvoir traiter les échantillons radioactifs contenant de l’amiante. La réglementation rend obligatoire la caractérisation et la quantification du matériau sur des chantiers depuis son interdiction en 1997 mais, faute de structures ayant la double expertise radioactivité et amiante, de nombreux chantiers de démantèlement sont ralentis ou se retrouvent en situation de blocage. En France, plus de 75  % des installations nucléaires ont été construites avant 1997 et sont donc confrontés au risque de présence de matériaux et/ou d’air doublement contaminés. Eichrom attend effectivement un accroissement d’activité avec l’offre de ce nouveau service auprès de ses clients actuels  : CEA, Areva, EDF, ainsi que leurs prestataires. " Nous venons d’acquérir un microscope électronique à transmission additionnel et cinq personnes ont déjà été recrutées.
Une dizaine de recrutements supplémentaires devraient avoir lieu cette année pour exploiter les nouveaux équipements prévus d’ici à la fin de l’année ", témoigne Olivier Le Moullec, responsable technique amiante au sein du laboratoire Eichrom. L’entreprise se positionne également sur la mesure d’amiante conventionnel sans radioactivité. " Notre volonté a toujours été d’accompagner au plus près nos clients face aux challenges que représente le démantèlement des installations nucléaires. Cette nouvelle unité d’analyse d’amiante nucléaire vient en complément des laboratoires mobiles Eichrom Smart® que nous avons également récemment mis en oeuvre sur des sites nucléaires afin de réaliser les analyses au plus près des chantiers et ainsi les fluidifier ", précise Patrice Letessier, directeur général des laboratoires Eichrom. Les mesures d’amiante n’incluent néanmoins pas l’activité prélèvement, l’entreprise ayant décidé de traiter seulement les échantillons envoyés par les prestataires chargés du diagnostic.

SOCIETES
Le pancréas artificiel de Diabeloop sur la voie de la commercialisation
La start-up française Diabeloop, issue d’une collaboration entre le CEA-Leti et le Centre d’Études et de Recherches pour l’Intensification du Traitement du Diabète  (CERITD), a été créée en 2015 pour commercialiser un système de pancréas artificiel à destination des personnes atteintes du diabète de type 1. Son principe est d’associer plusieurs briques technologiques, pompe à insuline, capteur de suivi de la glycémie, et smartphone connecté pour un fonctionnement entièrement autonome  : capteur et pompe communiquent en effet par Bluetooth avec un appareil semblable à un smartphone, capable d’adapter les doses d’insuline à administrer en fonction de chaque patient. " Il y a trois couches d’algorithmes dans ce smartphone, la première imite une glycémie physiologique normale, les deux autres apportent des sécurités pour permettre des rattrapages du taux de glucose ou prédire ses évolutions à court et moyen termes ", explique le docteur Guillaume Charpentier, président de Diabeloop. Des premiers résultats obtenus auprès de 15 volontaires ont démontré l’efficacité du dispositif sur la correction de la glycémie.
En 2016 et 2017, trois nouveaux essais sont prévus pour avancer vers la commercialisation  : depuis le mois de mars, 15 patients testent ainsi Diabeloop en conditions de vie réelle, avec une surveillance à distance. Une cohorte de taille similaire doit être étudiée en mai pour vérifier le fonctionnement dans le contexte d’une activité physique intense. Enfin, l’année prochaine, un suivi sur trois mois de quelques 200 volontaires permettra de constituer le dossier de demande d’obtention du marquage CE pour les dispositifs médicaux. Des études comparatives seront ensuite planifiées pour démontrer la supériorité de Diabeloop par rapport aux traitements existants. Bien que le pancréas artificiel fonctionne en boucle fermée, ses concepteurs n’excluent pas l’intervention humaine du cycle d’utilisation quotidienne, via une plate-forme de télémédecine. " Les données de suivi seront transmises via un site web sur les postes des médecins et aide soignants autorisés ", précise encore Dr Charpentier. A terme, les porteurs du Diabeloop pourraient donc être contactés à tout moment en cas d’anomalie de glycémie non corrigée, grâce à un service d’appel en continu.

PROFESSION
Promesses tenues pour la première édition lyonnaise de Forum Labo & Biotech
Le changement de cadence du Forum Labo & Biotech, de biennal à annuel, avec sa tenue à Lyon en alternance avec Paris une année sur deux, n’a pas décontenancé les habitués du salon. C’est même la première journée qui a enregistré la plus grosse affluence, avec 1 200 visiteurs qui ont franchi les portes du centre de congrès de la Cité Internationale. Des résultats encourageants qui ont été l’occasion pour le Président du Comité Interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire  (CIFL) Christophe Blaisse, de rappeler les atouts de Lyon et ses environs pour les fabricants et équipementiers. " Les régions Auvergne/ Rhône-Alpes et Provence-Alpes Côte d’Azur représentent un potentiel d’investissement de 20  % du marché national d’équipement des laboratoires, soit un budget de 400 millions d’euros par an ", a-t-il souligné en discours de clôture du premier jour du Forum.
Cette première programmation du salon en dehors de la capitale amène un autre changement majeur : alors que les visiteurs de la région Rhône-Alpes représentaient moins de 10  % des éditions parisiennes, ils ont cette fois compté avec leurs voisins de la région Provence-Alpes Côte d’Azur  (PACA) pour plus de 60  % de l’affluence totale. Cette migration du Forum Labo & Biotech est également un pari sur l’avenir puisque, si la chimie a une assise historique en région Rhône-Alpes, de nombreux projets en cours ou futurs doivent attirer des investissements  : troisième vague d’investissements du Programme d’Investissement d’Avenir, implantation de nombreuses sociétés de biotechnologies dans la région… Le Forum Labo & Biotech semble en bonne voie pour s’imposer comme un rendez-vous annuel incontournable : les 29, 30 et 31 mars 2017 prochains, ce sera déjà au tour de l’édition parisienne de prendre le relais.

PROFESSION
Deux logiciels gratuits en renfort des métrologistes
Face au besoin accru de méthodes fiables pour évaluer les incertitudes de mesures, le Laboratoire national de métrologie et d’essais  (LNE) a conçu deux logiciels qui peuvent être téléchargés gratuitement depuis son site web  : LNE-MCM et LNE-RegPol. Il s’agit de deux gratuiciels qui ont été développés au sein du service Mathématiques et Statistiques de l’organisme national. Ils ont en commun de mettre le calcul d’incertitude à la portée des ingénieurs métrologues, responsables qualité, techniciens de laboratoire… sans qu’il y ait nécessairement besoin de faire appel à des statisticiens pour leur utilisation. LNE-MCM et LNE-RegPoly partagent une interface graphique et, s’ils sont développés sous MATLAB®, ce sont des exécutables ne nécessitant donc pas de détenir la licence du programme. Ils ne requièrent pas non plus de compétences particulières en programmation. Les logiciels intègrent de plus une fonction d’import-export de données Excel pour faciliter leur usage au quotidien.

LNE-MCM a été développé pour appliquer le supplément du Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure  (GUM), référence universelle pour la mise en œuvre de la méthode de Monte Carlo d’évaluation de l’incertitude de mesure. Malgré l’intérêt pour les laboratoires de se conformer à ce supplément du GUM, la diffusion est lente en raison des difficultés de prise en main des outils. Le logiciel mis au point se destine au monde de la métrologie en général  : " les laboratoires d’étalonnage, les laboratoires d’essais, les départements métrologie-qualité d’acteurs industriels, mais aussi la R&D pour la prédiction des incertitudes de mesure ", détaille Nicolas Fischer, du LNE. LNE-MCM offre également aux utilisateurs la possibilité de comparer les calculs d’incertitudes ainsi réalisés avec ceux obtenus selon l’approche traditionnelle de propagation des variances décrites dans le GUM. LNE-RegPoly, quant à lui, fait écho à une nouvelle définition de l’étalonnage dans le Vocabulaire International de Métrologie  (VIM), qui incite les laboratoires à fournir avec un résultat, les modèles d’étalonnage de leurs appareils de mesure. Le programme aide ainsi à estimer les fonctions d’étalonnage, grâce à des méthodes de régression linéaire ou polynomiale. Parce que les outils sont intuitifs, mais que la méthodologie reste complexe à maîtriser, les utilisateurs potentiels peuvent suivre des formations dédiées au LNE  :

SCIENCES
L’Institut Pierre-Gilles de Gennes en vitesse de croisière
Inauguré officiellement le 14 février 2016 par François Hollande ainsi qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, l’Institut Pierre-Gilles de Gennes  (IPGG) sort de sa phase de rénovation entamée en septembre 2014 et est désormais pleinement opérationnel. Il accueille – ou termine d’accueillir – les six équipes qui ont vocation à occuper les quelques 4 000 mètres carré de locaux, sur les 14 rattachées à la structure. Une des plus importantes livraisons est la plate-forme de microfabrication microfluidique, qui compte autour de 4 millions d’euros d’équipements. Les quatre ingénieurs qui la gèrent sont habilités à fabriquer des dispositifs milli ou microfluidiques pour les équipes de l’IPGG ou la dizaine de start-ups incubées, mais aussi pour des équipes externes à des prix concurrentiels comparé à d’autres plate-formes du territoire.
Sept espaces sont répartis sur les 550 mètres carré de surface du plateau technique, dont en particulier une salle de microscopie, équipée en partenariat avec l’industriel Leica, et une salle de chimie analytique entièrement équipée par Agilent  (ICP optique 5100, ICP masse 7900, 4200 MP-AES) et Anton-Paar sur la partie rhéologie. La plate-forme travaillera en prototypage et en fabrication essentiellement trois types de matériaux  : le PDMS ou polydiméthylsiloxane, de loin le polymère le plus courant dans la conception des puces microfluidiques, le verre ainsi que différents polymères thermoplastiques. L’autre tour de force de l’IPGG tient à son interdisciplinarité  : d’un étage à l’autre du bâtiment, se croisent en effet physiciens, biologistes, chimistes et également quelques entrepreneurs avec une activité en rapport avec la microfluidique. L’IPGG compte un total de 200 personnes. Outre la plate-forme, censée répondre aux défis techniques posés par ces profils variés, l’IPGG mise sur l’animation en interne  (séminaires, retraites…) pour fluidifier la communication entre disciplines.

SCIENCES
Le flair des chiens policiers validé par la science
Malgré son antériorité et le fait qu’elle produise très souvent un résultat, l’odorologie, soit le recours à des chiens entraînés pour identifier les odeurs humaines dans le cadre de résolution de crimes, reste contestée par les spécialistes de la forensique. Suivant les pays, elle peut même être rejetée comme élément de preuve juridique. Une étude menée sur plus de dix ans de données et 12 chiens de la Sous-Direction de la Police Technique et Scientifique  (SDPTS) d’Ecully vient pourtant de confirmer la fiabilité de la méthode. Entre 2003 et 2016, la SDPTS a fait appel à elle dans 522 cas, menant à la résolution de 162 affaires judiciaires. En particulier, l’odorologie n’a livré aucun cas de mauvaises identifications sur cette période de temps, seulement des non-identifications. L’analyse rétrospective menée par le Centre de recherche en neurosciences de Lyon a validé scientifiquement certains paramètres de la discipline. Le plus important concerne la durée d’entrainement des chiens policiers. Les chercheurs ont noté une augmentation de la sensibilité olfactive des animaux au cours du programme, compris entre 18 et 20 mois. Durant les séances, quasi-quotidiennes, l’animal doit renifler un échantillon d’odeur humaine, puis la retrouver parmi cinq odeurs alignées au sol dans des bocaux. Le chien – historiquement des bergers allemand ou malinois – se couche au pied du flacon correspondant à l’odeur de référence. Les scientifiques ont montré que les meilleurs résultats surviennent après deux ans de " formation ", avec 85 % d’identifications positives en moyenne sur les 12 cobayes de l’étude.
L’étude a également relevé l’importance de paramètres qui ne sont pas systématiquement mis en oeuvre dans l’odorologie. En particulier, le fait d’exposer le chien policier à des assortiments d’odeurs similaires  : ces derniers prennent en effet deux formes, soit une odeur corporelle prélevée au niveau des mains d’un suspect, soit des traces odorantes relevées sur des habits ou des objets. Le taux d’identification le plus élevé était mesuré lorsque la référence et le test étaient de même nature, avec 90  % d’odeurs correctement identifiées. L’analyse scientifique ouvre ainsi des voies intéressantes pour mieux standardiser l’odorologie. Il semble en particulier possible, grâce à l’entrainement, d’orienter l’apprentissage des chiens, par exemple pour leur faire mieux reconnaitre des assortiments d’odeurs différents  (corporel et à l’état de traces). A l’avenir, les chercheurs souhaitent également vérifier si les chiens sont capables d’identifier des odeurs plus anciennes que celles des odorothèques de la police scientifique, " vieilles " de quelques heures à quelques jours maximum. Enfin, l’étude a montré que les bergers malinois sont globalement moins fiables que leurs cousins allemands pour l’odorologie, sans doute du fait d’une moins bonne concentration.
puce Egalement dans Spectra Analyse n° 309
  • STRATEGIES POUR L’INNOVATION
    De l’innovation à l’aventure entrepreneuriale (dossier 4/7) : les enjeux stratégiques de l’entrée en bourse
    Arsia AMIR-ASLANI, Ricky BHAJUN, Mark-Anthony CHANEL, Mickael DUBOURD, Philippe LÊ
  • MISE A JOUR DES CONNAISSANCES
    Régulation des nanomatériaux  : législation et normalisation
    Daniel BERNARD
  • TECHNIQUE INSTRUMENTALE
    Projet NANOMET  : développement de protocoles de référence pour accompagner la mise en place au sein des PME d’une caractérisation métrologique des nanomatériaux
    Nicolas FELTIN, Laurent DEVOILLE, Georges FAVRE, Sébastien ARTOUS, Quentin RENOT, Cécile PHILIPPOT, Jean-François HOCHEPIED
  • TECHNIQUE INSTRUMENTALE
    Conception d’un système portable pour l’étalonnage des instruments de mesure de concentration massique particulaire dans l’air ambiant
    François GAIE-LEVREL, Soleiman BOURROUS, Tatiana MACE
  • TECHNIQUE INSTRUMENTALE
    Métrologie pour les dispositifs médicaux de perfusion
    Florestan OGHEARD
  • TECHNIQUE INSTRUMENTALE
    Stabilité des principaux composants des e-cigarettes testés par analyse thermique  (ATD-ATG)
    Philippe AYRAULT
  • FICHE D’APPLICATION
    Analyse élémentaire de particules atmosphériques en ED-XRF
    Dirk WISSMANN, Lukas ECKL
  • FICHE D’APPLICATION
    Analyse rapide des cations dans des formulations de poches de nutrition parentérale par électrophorèse capillaire
    Cédric SARAZIN, Pierre RIOLLET, Elisabeth CAUSSE, Laëtitia CATURLA, Zoubeir RAMJAUN
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